mardi 17 avril 2007

Vacances parisiennes

Me voilà en congés payés, pas encore au chômage… La ville m’appartient, à moi les ponts, les bateaux mouches, les rues un peu vides et les rayonnages de Gibert Jeune. Petite pause au port de l’Arsenal, je lis un peu ce bouquin prêté par une camarade sur l’Argentine. C’est que je suis dans ma période sur-américa en ce moment…je me mets à la littérature chilienne en vue de mon voyage et j’étends aux pays alentours… C’est bon de se remettre à lire : passer une nuit à Montréal, voyager en bateau à travers les îles de Patagonie en découvrant d’atroces massacres de baleines, traverser la vie d’une famille française…Retourner à la lecture c’est retourner aux rêves, aux délicieux fantasmes des voyages littéraires et ça fait du bien en ces périodes pré-menstruelles d’élections présidentielles…
Et oui, ça bruisse un peu partout et tout le monde attend avec une certaine impatience les résultats du premier tour. Tout le monde y va de son avis, de son conseil et moi, née l’ultime année de la décade 70 je reste un peu ébahie devant ce nouvel intérêt politique qui nous avais poussé à descendre dans les rues en 2002. Bref, mon camarade JBLB milite à tout va, nous inonde de mails où les RG annoncent des mauvaises nouvelles, les affiches parisiennes pour les Sarko-Le Pen-De Villiers sont largement gribouillés voire souillées de crachats, ce qui nous rassure un peu mais pas trop… la vie suit son cours malgré l’ombre du nain phalangiste qui plane. Le printemps est là et je profite de mon mini jardin-courette pour vivre un peu à l’extérieur comme on le ferait dans le sud…Le sud…pour y être allé il y a peu, j’ai été un peu circonspecte devant les nombreuses affiches de Monsieur JM le Stylo qui s’étalent sur les rocades et les panneaux signalétiques avec ce slogan piteux « Le Pen vite, très vite »…J’avais envie de reprendre la bombe de peinture comme dans le temps et rajouter des « IS » à la suite de Le Pen. Ca me faisait rire moi le Pénis…Pendant longtemps dans cette bourgade vauclusienne immatriculée 84700 il y a eu sur un mur blanc inscrit « Le Pen », juste ça, rien de plus. C’était là depuis des années et à chaque fois que je passais devant je lui faisait un geste obscène à ce mur. Un jour ou plutôt une nuit, avec un camarade nous avons fait une expédition jusque au mur apparemment gardé par un facho à carabine et nous avons rajouté un « IS » en rouge. Quelques mois plus tard, l’obscène inscription disparaissait sous une fine couche de peinture blanche. J’avais ricané à chaque fois que je passais devant mon PENIS et là « mon » PENIS n’était plus…A croire que le pénis était plus provocant que le borgne…

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