
* expression piquée à Antoine defoort

Sale temps. Chape de plomb au dessus de nous. Je ne peux pas vraiment décrire combien j’en ai marre de cette météo avariée, de ce climat douteux. Nous sommes le 5 juin, il fait 15 degrés. J’ai passé ma soirée à pianoter fiévreusement sur des sites de compagnies aériennes dans l’espoir de m’envoler pour Rome, Venise, Naples, Madrid, Valladolid, Zaragoza ou Valencia. J’ai bien trouvé un billet pour Valence. Vraiment pas cher. Le vol décolle à treize heures. Il me faut partir de Bruxelles à 10 heures pour prendre le bus, aller à Charleroi Sud et poireauter deux heures là bas…
Je pensais que j’aurai la fantaisie, la fougue, l’élan, le grain de folie…L’envie de gommer la brique… Mon idée c’était simplement de partir et faire la mystérieuse en laissant un mot sur la table de la cuisine : « Je suis à Valence, pas
Je serai arrivée vers 15h30, je me serai baladée un peu, j’aurai trouvé une pension et puis je serai aller en terrasse, j’aurai regardé passer les gens, j’aurai peut-être siroté une san miguel et je me serai laisser bercer par l’ambiance nocturne des rues espagnoles…
Ca m’attire tellement ! Retourner vers le sud, aller dans la direction du soleil…Là, je suis juste engourdie, fatiguée, un peu usée…Il y a des choses à faire demain dans la journée pour le boulot et ma satanée culpabilité judéo-chrétienne m’empêche étrangement de partir demain pour me faire une « dulce vida » le temps d’un court week-end. Et puis, je me rassure intimement car je sais que bientôt j’amorce la descente. J’ai une nécessité viscérale d’être en contact avec mon sud, la chaleur, les oiseaux du matin, la lavande en fleur, les cerises et les cigales. Ce sont des clichés mais ils me nourrissent, ils m’aident à tenir sous cette cloche brumeuse, sous ce ciel de novembre.

Aie aie, j’ai craqué. Ben ouais.
Il y a eu deux semaines de vrai printemps : les verres en terrasse, les beautiful people dans les rues, Bruxelles en plein jour, Le Bota la nuit, les spectacles étranges, la fatigue, la voix rauque du matin, les fenêtres constamment ouvertes, les concerts qui donnent envie de tambouriner sur des machins, « la sociologie est un sport de combat », « attention danger travail », la plage à la mer du nord, les jeux de raquette dans les parcs, l’insouciance, l’envie de vivre comme ça, légèrement.
Et puis hop, retour à
>>>> CRISIS >>>>
Et la réunion passe, je suis dans mon coin, je ne moufte pas, je montre seulement mon ennui profond. Puis, avec le « boss », on se voit, tranquilles, détendus. On parle de choses et d’autres et là, je lui pose (encore) LA question. Je lui demande s’il a réfléchi à ma « situation » et s’il pense que ça peut "évoluer". (Que de guillemets, que de guillemets...)
Là il me répond « Ben on en a déjà parlé » (bah ouais c'est vrai, j'avais oublié tiens !)
Et ? Et rien. Alors je sais pas, j'ai été transpercé par une sorte d'élan lyrique et sans préméditation (mais méditation d'environ six mois) je lui annonce mon départ.
Là, plein de choses traversent mon esprit, je me sens vide, surprise, un peu choquée, un peu démunie aussi. Çà carbure à cent à l’heure, je me demande si j’ai pas fait une connerie, la motivation disparait et l’après midi passe, mollement.
Rien à dire, ou plutôt envie de le dire à tout le monde, léger stress de l’après, sommeil grandissant, je pique du nez sur la route…
Le soir je me dit qu’on devrait aller voir « Indiana Jones » parce que j’ai envie de me changer les idées (en fait j’en ai vraiment gros sur la patate !) mais ma carte de ciné étant périmée, c’est retour à la case maison pour une activité sieste.
Voilà, il fallait que l’écrive, que je raconte ma petite aventure.
Alors reste à savoir si c’est un coup de la pleine lune. D’après mon horoscope (que je ne consulte jamais mais pour l’occasion, j’ai trouvé ça tout à fait approprié) oui, cette pleine lune m’entête et me donne envie de faire des folies…
>>> Cette Pleine Lune vous excite tout particulièrement, pécuniairement comme sexuellement. Et si vous sortiez ce soir pour évacuer toutes ces tensions ?
Mouais. …
Ben après ma tisane à la verveine, et des IQ travellers à la pelle, je m’en vais retourner à mon bouquin « l’aventure hippy », c’est pas franchement horny horny comme programme…
Ena: Plus tard, j'aimerais ecrire des choses qui donneront des emotions, qui pourront faire pleurer, s'enerver et revolter mes lecteurs....